abraxio-pmo-oiseau-rare

,

PMO : l’oiseau rare, au cœur de la transformation digitale

4–5 minutes

de lecture

Publié le

Cette contribution a été initialement diffusée dans la rubrique « Transformation digitale » du média Be A Boss.fr (mai 2025)

Premier constat, en dépit de ce contexte d’inflation digitale : le PMO est un oiseau rare. Seules 38 % des DSI disposent d’un PMO dédié qui anime le suivi des projets et optimise l’utilisation des ressources(1). En l’absence d’une telle fonction – classique dans les petites entreprises -, la gestion du portefeuille de projets, réalisée par à-coups et sans réelles bonnes pratiques, est problématique. On le sait : les entreprises auront d’autant plus besoin de PMO que la digitalisation gagne du terrain et que les transformations qu’elle induit sont bien plus complexes que par le passé.

Arbitre, coach, diplomate et commercial : qui dit mieux ?…

Deuxième constat :cette fonction stratégique très exposée requiert des compétences multiples. Le PMO doit cumuler aptitudes techniques et savoir-être. Sa fonction reflète une réalité complexe : comprendre des projets informatiques multiples, très souvent chaotiques, multi-couches techniquement, dans des organisations fortement transverses. Il doit à la fois posséder une bonne connaissance des Métiers de l’entreprise pour comprendre leurs besoins, maîtriser les techniques et les méthodes, et avoir la capacité d’analyser une grande quantité d’informations, souvent incomplètes pour piloter les portefeuilles de projets en cohérence avec la stratégie de l’entreprise et ses ressources. Il devra mettre en place et/ou renforcer des méthodologies, des référentiels et des outils communs aux différents chefs de projets, permettant de mesurer la valeur des nouvelles demandes de projets, et d’assurer le pilotage et le suivi des projets en cours.

Jouant le rôle d’interface entre les équipes techniques et les différents Métiers de l’entreprise, il doit aussi être motivé par une volonté d’amélioration des pratiques et de progression des SI, en leur donnant les moyens de leur performance : aujourd’hui, seules 20% des nouvelles demandes de projets font l’objet d’un scoring factuel (1), et le défi régulier du ROI des projets reste négligé. En conséquence, 41 % des DSI assument seules la responsabilité des arbitrages, sans échanges avec les Métiers. Moins de la moitié des chefs de projets (45%) partagent des méthodologies et un référentiel commun, avec le risque d’un pilotage partiel et chaotique (1).

S’il est un oiseau rare, avec un rôle stratégique indiscutable, le PMO doit cependant encore convaincre, à tous les niveaux, de sa valeur apportée et de son impact sur la performance globale de la DSI. Il devra faire preuve d’un relationnel fort, être capable de communiquer efficacement à tous les échelons, du COMEX aux équipes opérationnelles, en passant par les managers intermédiaires. Il doit veiller à ce que des départements qui ne collaborent pas interagissent de manière cohérente.

Ce rôle de coach facilitateur est d’autant plus délicat que le PMO n’a souvent aucun lien hiérarchique direct avec les équipes qu’il coordonne. Cette position lui impose des prouesses de diplomatie. Cette compétence en communication, presque commerciale (oui, il « vend » des projets critiques à des directions qui n’en voient pas forcément la valeur ajoutée directe – vous avez dit MCO ?), est essentielle pour gagner la confiance des différents acteurs et faire accepter les changements nécessaires.

… Catalyseur de la culture projet du changement

(1) Source : Baromètre 2025 – Maturité du pilotage de la DSI
(2) Source : https://www.mckinsey.com/industries/retail/our-insights/the-how-of-transformation

Nicolas Robert
– Directeur Customer Success d’Abraxio