Quelles sont les principales méthodes traditionnelles de gestion de projet ?

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Sommaire

Les méthodes traditionnelles de gestion de projet, dites aussi séquentielles ou prédictives, organisent le projet en phases linéaires où chaque étape dépend de la précédente. Elles s’appuient sur un cadrage prévisionnel strict : le cahier des charges du projet est défini en amont et validé avant toute réalisation. Ce modèle a émergé dans les secteurs industriels (manufacturier, construction) et militaires, où les modifications en cours de réalisation sont très coûteuses.

Aujourd’hui, ces approches visent les projets où les exigences sont bien comprises et stables dès le départ. Elles s’adressent notamment aux organisations exigeant un fort contrôle et une traçabilité rigoureuse (ex. DSI de grandes entreprises, secteur bancaire ou défense).

Cycle en cascade (Waterfall)

Schéma Modèle Waterfall linéaire. Chaque phase (exigences, analyse, conception, mise en œuvre, validation, mise en service) est réalisée intégralement avant la suivante.

Cycle en V

Schéma Cycle en V. Le côté gauche (descendant) couvre la conception (exigences, spécifications, conception détaillée), le côté droit (ascendant) les phases de test (unitaires, d’intégration, de validation) correspondant. Le milieu (implémentation ou codage) relie les deux branches du V.

Quels sont les avantages et inconvénients du cycle en V ?

Quels sont les 7 principes structurants de PRINCE2 ?

  • Justification continue du projet : un projet n’a de sens que s’il reste économiquement viable tout au long de son exécution
  • Apprentissage par l’expérience : chaque projet capitalise sur les leçons passées et documente les enseignements acquis.
  • Rôles et responsabilités définis : chaque acteur connaît son périmètre d’action et sa contribution à la réussite collective.
  • Pilotage par étapes : le projet est découpé en phases contrôlées, chacune sanctionnée par une décision de poursuite.
  • Management par exception : la gouvernance repose sur des tolérances (coût, délai, périmètre, qualité, risque), permettant un pilotage sans micro-gestion.
  • Focalisation sur les produits : la priorité est donnée aux livrables attendus et à leur qualité plutôt qu’à la simple exécution des tâches.
  • Adaptation à l’environnement : PRINCE2 doit être ajustée à la culture, à la taille et à la complexité du projet.

Comment les 7 thèmes régissent-ils la méthode PRINCE2 ?

  • Business Case : assurer la justification économique et la valeur ajoutée du projet.
  • Organisation : préciser les rôles, la structure de gouvernance et les circuits de décision.
  • Qualité : formaliser les critères, standards et processus de validation des livrables.
  • Plans : définir la feuille de route, les ressources et les jalons clés.
  • Risques : anticiper les incertitudes et encadrer la gestion des aléas.
  • Changement : maîtriser les demandes de modification et leurs impacts.
  • Progression : suivre l’avancement, produire les rapports de performance et décider des suites à donner.

De quelle manière les 7 processus PRINCE2 rythment le cycle de vie du projet ?

  • Mise en place du projet (Starting up a Project) : évaluer la faisabilité et définir les grandes lignes avant tout engagement.
  • Initiation du projet (Initiating a Project) : bâtir le référentiel de pilotage (Project Initiation Documentation).
  • Pilotage du projet (Directing a Project) : permettre au comité de pilotage de décider, valider et arbitrer les grandes orientations.
  • Contrôle d’une étape (Controlling a Stage) : suivre l’avancement opérationnel et gérer les écarts au quotidien.
  • Management de la livraison des produits (Managing Product Delivery) : organiser et encadrer la production des livrables.
  • Management des frontières d’étape (Managing a Stage Boundary) : préparer la phase suivante et valider les livrables intermédiaires.
  • Clôture du projet (Closing a Project) : vérifier la conformité, mesurer les bénéfices et formaliser les enseignements.

Quels sont les avantages et inconvénients de PRINCE2 ?

Schéma diagramme de PERT. Ce réseau de tâches met en évidence les dépendances et le chemin critique (longueur maximale du parcours) du projet. Chaque nœud représente une étape ou une tâche, chaque flèche est dirigée vers la tâche suivante : on y calcule les dates au plus tôt/au plus tard et les marges (slack) pour chaque activité.

Quels sont les avantages et inconvénients de PERT/CPM ?

MéthodeAtouts clésLimites majeures
WaterfallPlanification détaillée, budget et délais maîtrisés, forte conformité (chaque phase est validée avant de passer à la suivante). Documentation exhaustive qui sécurise le client.Rigidité extrême : effet tunnel (le produit n’est livré qu’en fin de projet) et difficulté à intégrer des changements en cours.
Cycle en VRenforce la qualité et la fiabilité par des tests systématiques à chaque phase (garantie de conformité).Faible adaptabilité et lourdeur documentaire : chaque modification nécessite un retour en arrière complet, avec les retards induits.
PRINCE2Contrôle de projet très structuré : pilotage par comités, focus sur le business case, gestion des risques et ressources optimisée. S’applique à tout type de projet selon son contexte.Documentation fournie à chaque étape (registres, rapports). Processus formalisés, peu flexibles (les mêmes phases s’appliquent à tous les projets) et nécessite souvent une formation spécifique.
PERT / CPMOptimisation fine des délais de projet et repérage des chemins critiques. Utile en planification détaillée de grands projets.Complexité mathématique et logique importante. Outil plutôt réservé aux très grands projets industriels.
  • Stabilité du besoin – Si le périmètre fonctionnel est clair et figé (cahier des charges stable), les méthodes traditionnelles (Waterfall, cycle en V, PRINCE2) sont adaptées car elles garantissent un haut niveau de contrôle et de traçabilité. En revanche, si le périmètre est susceptible d’évoluer, on privilégiera des méthodes plus agiles (Scrum, Kanban, etc.) pour intégrer plus facilement les changements.
  • Criticité et réglementation – Dans les secteurs fortement régulés (santé, défense, finance, etc.), ou pour des projets ayant des exigences de conformité accrues, il est recommandé d’utiliser le cycle en V, PRINCE2 ou un cadre hybride adapté. Ces approches formelles facilitent la conformité aux normes et garantissent la qualité des livrables tout au long du processus.
  • Maturité méthodologique – L’expérience de l’organisation avec l’agilité et les pratiques projet influence le choix. Une DSI peu rompue à l’agilité pourra débuter avec une méthode hybride (ex. Water-Scrum-Fall ou PRINCE2 Agile) qui introduit des itérations tout en maintenant un cadre connu. À l’inverse, une entreprise déjà mature en agile privilégiera des méthodes itératives pures (Scrum, Kanban) voire des frameworks à grande échelle (SAFe, DAD) si de nombreuses équipes doivent être coordonnées.
  • Rôle du pilotage (PMO / DSI) – Le choix doit être une décision partagée entre les parties prenantes clés : sponsor métier, chef de projet, PMO et DSI. Le PMO (Project Management Office) joue souvent un rôle de facilitateur pour comparer les approches et en préconiser une ou plusieurs. Le DSI, avec les architectes SI, veille à ce que la méthode retenue soit cohérente avec la stratégie informatique de l’entreprise, les capacités techniques de l’équipe et les autres projets en cours.
  • Taille et complexité du projet – Un petit projet à faible risque peut se contenter d’une approche simple (waterfall ou même une gestion de projet informelle), tandis qu’un programme multi-équipes exigera un cadre plus robuste (par exemple un couplage PRINCE2/Agile ou un framework à grande échelle comme SAFe ou DAD). Pour les projets très importants, le recours à des méthodes formelles ou hybrides permet de cadrer les responsabilités et d’optimiser la gouvernance.