Face à des tensions budgétaires croissantes, les directeurs des systèmes d’information se montrent prudents pour 2026. Si la demande IT reste soutenue, les DSI anticipent des budgets sous contrainte et s’attendent à devoir opérer des arbitrages plus serrés pour concilier transformation et maîtrise des coûts.
La tendance est claire : à mi-parcours de l’année 2025, les Directions des systèmes d’information (DSI) s’apprêtent à aborder 2026 dans un climat budgétaire tendu. Selon une enquête menée en juin 2025 auprès de 62 DSI par Abraxio, éditeur de la plateforme dédiée au management des DSI, la pression financière supplante désormais tous les autres défis. Un tiers des répondants pointe cette contrainte comme leur principale difficulté, reléguant au second plan l’éternel enjeu de l’alignement entre ambitions métiers et capacités d’exécution, cité cette année par un quart d’entre eux.

Baisse des budgets en vue : une rupture de tendance
Pour 2026, seuls 35 % des DSI anticipent une hausse de leur budget – soit un recul de 6 points
par rapport à l’année précédente. Pire : la proportion de ceux qui prévoient une baisse bondit de 12 % à 26 %, traduisant un net revirement. Ce basculement survient alors même que la demande en IT demeure forte, portée par les impératifs de digitalisation et d’efficacité opérationnelle.
Quant aux DSI dont le budget reste stable (31 %, chiffre quasi inchangé), ils devront pourtant composer avec une hausse structurelle des coûts IT. En clair : un budget constant signifiera dans les faits un budget en baisse, faute de marge pour absorber l’inflation ou la hausse structurelle des coûts IT.

Des arbitrages sous haute tension
Les discussions budgétaires s’annoncent d’autant plus tendues que deux tiers des DSI prévoient des négociations complexes avec leur direction financière ou générale – un chiffre en forte hausse (+18 points) par rapport à l’an dernier. Dans un tel contexte de pression sur les coûts, chaque ligne budgétaire devra être justifiée, et la valeur stratégique des investissements IT défendue avec précision.

Trois grandes tendances émergent dans la répartition des dépenses prévues pour 2026 :
- Le Run et les ressources humaines : des postes jugés incompressibles et peu soumis aux arbitrages.
- La cybersécurité et la conformité : des hausses prévues, considérées comme nécessaires et légitimes face aux risques et à la réglementation, et qui devraient encore plus facilement passer.
- Le Build et l’innovation : les grandes victimes du resserrement budgétaire. Ces postes, porteurs de transformation, risquent d’être sacrifiés faute de moyens, malgré leur importance stratégique.
Des DSI sous contraintes multiples
Trois quarts des DSI évoquent une triple contrainte : la pression budgétaire, la hausse structurelle des coûts IT et la multiplication des priorités. Pour nombre d’entre eux, l’équation devient difficilement tenable, même avec une forte maturité en pilotage budgétaire.

Dans ce contexte, la pédagogie budgétaire devient une compétence clé. Expliquer la répartition des dépenses (Run vs Build, cybersécurité, conformité…) de manière lisible et compréhensible est désormais indispensable pour faire valoir les arbitrages proposés et protéger les postes stratégiques.
Un pilotage en mode “équilibriste”
En réponse à cette situation, la majorité des DSI s’orientent pour 2026 vers une posture d’équilibriste. Même parmi ceux qui bénéficieront d’une hausse de budget, beaucoup privilégient une répartition prudente entre maintien opérationnel et nouveaux projets, conscients que l’inflation viendra mécaniquement absorber une part importante de cette enveloppe.
« Après une décennie de forte croissance des budgets IT, la conjoncture oblige les DSI à réinterroger leurs priorités. Leur mission n’a pas changé : elles sont là pour soutenir le fonctionnement et le développement de l’entreprise. Mais dans un contexte plus tendu et incertain, elles se doivent plus que jamais d’adapter leur feuille de route aux contraintes économiques et aux capacités de l’organisation qu’elles servent, en optimisant chaque fonctionnement et chaque coût qui ne crée pas directement de valeur », recommande Samuel Revenu, CEO d’Abraxio.
L’année 2026 s’annonce donc comme un exercice de haute voltige pour les DSI. Entre rigueur financière, hausse des coûts et attentes fortes des métiers, la marge de manœuvre s’amenuise. Il faudra piloter finement, convaincre efficacement et arbitrer sans relâche pour continuer à faire avancer la transformation numérique des organisations.
Ressource
Pour aller plus loin
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